Les arbres fertilisants repeuplent les terroirs

L’agroforesterie fait des adeptes. Du Togo au Sénégal en passant par le Burkina Faso, les plantations fleurissent et permettent de lutter contre l’appauvrissement des sols.

BR-EN-goumogho Production d'Albizia chevalieri dans des jardins maraîchers à Goumogho, Burkina Faso (top), et à Kpalme, Togo (bottom). © APAF Burkina BBR-EN-Growing-Albizia-chevalieri.jpg © APAF Togo

Au Sahel, l’Acacia albida était l’arbre le plus connu pour son action bénéfique sur les terres agricoles en accroissant la teneur du sol en matière organique et en azote, ainsi que l’activité microbiologique du sol et sa capacité de rétention d’eau. Mais depuis plus d’une décennie, les paysans ont découvert de nouvelles essences d’arbres fertilisants permettant de lutter contre l’appauvrissement des sols. Au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo, les espèces comme l’albizia saman (l’arbre à pluie) et l’albizia chevalieri occupent de plus en plus de superficies agricoles avec des résultats intéressants quant à l’amélioration de la qualité des sols et donc l’augmentation des rendements.   

Dans le sud-ouest du Togo, l’Association pour la promotion des arbres fertilitaires et de l’agroforesterie (APAF) a vulgarisé des techniques agro forestières en milieu paysan. Au départ, l’objectif consistait à aménager 11 000 champs agroforestiers et à réaliser 560 boisements, mais il a été très rapidement dépassé. Dans le cadre du Programme d’appui aux initiatives d’agroforesterie et de foresterie villageoise plus de 29 000 champs agroforestiers et quelque 2 000 boisements ont été réalisés dans les terroirs villageois par les paysans.

Toujours au Togo, l’utilisation d’arbres fertilitaires, dont l’activité enrichit la couche arable d’une terre, en améliore la texture et en favorise la structuration, a permis d’augmenter de 30 % les rendements depuis 1996, indique Mansour Ndiaye, secrétaire exécutif de l’Association. Ainsi, sans avoir recours à des engrais chimiques ni à des pesticides de synthèse, ces paysans produisent aujourd’hui plus de 70 % de la production nationale de cacao et 62 % de la production de café au Togo.

Longtemps négligée dans certains pays du Sahel du fait du manque d’eau, l’agroforesterie a repris ainsi des couleurs grâce à l’APAF.

Au Sénégal, dès 2012, une pépinière a été lancée dans le village de Mboulème. Depuis, plus de 1600 plants ont été produits, essentiellement des albizia chevalieri, des samaneas saman, des albizia lebeck pour les pleins champs et des leuceana leucocephala, des acacia radiana et mellifera pour les haies vives.

Les producteurs bénéficiaires estiment que les impacts sont très positifs pour le maintien de la fertilité du sol sans apport d’engrais et l’approvisionnement en bois domestique pour le chauffage et la construction.

Mame Aly Konte



 
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